
Une fenêtre qui laisse passer le froid n’est pas forcément une fenêtre à jeter. Le gouvernement du Québec le dit sans détour dans ses conseils aux particuliers : le problème vient souvent de la façon dont la fenêtre est posée, et l’on gagne fréquemment plus à calfeutrer l’espace entre le cadre et le mur qu’à remplacer la menuiserie. Il ne conseille le remplacement que si les cadres sont trop abîmés ou impossibles à rendre étanches.
Le guide hivernal de l’ADEME donne un ordre de grandeur utile : dans une maison construite avant 1974, les fenêtres représentent en moyenne 14 % des pertes de chaleur, contre 27 % pour les fuites et le renouvellement d’air (chiffres de l’Observatoire DPE, 2025). Une partie de ces fuites passe justement autour des fenêtres.
Commencer par un état des lieux
Ressources naturelles Canada propose de regarder chaque fenêtre de près : bois pourri ou taché, vitre fêlée, mastic manquant, peinture écaillée, coupe-bise usé, ferrures qui ferment mal. Une crémone qui ne plaque plus l’ouvrant contre le dormant rend inutile le meilleur joint du monde ; un réglage des gâches ou des charnières passe donc avant tout achat.
Pour situer les fuites, un bâton d’encens ou une bougie promenés le long du cadre, un jour de vent, suffisent souvent. La méthode est détaillée dans notre article sur la détection des fuites d’air autour d’une fenêtre.
Trois zones, trois traitements
Une fenêtre fuit à trois endroits distincts, qui ne se soignent pas de la même façon.
Entre le cadre et le mur. C’est une partie fixe : on la calfeutre. Le Québec recommande un produit de calfeutrage à la jonction du cadre et du mur. Si la boiserie se démonte facilement, Ressources naturelles Canada conseille de la retirer : pour un interstice de 6 mm ou moins, isoler puis calfeutrer suffit ; au-delà, il faut un fond de joint ou une mousse à faible expansion.
Entre l’ouvrant et le dormant. C’est une partie mobile : on pose un joint. L’ADEME rappelle qu’un joint ne fonctionne que sur une menuiserie plane et en bon état, et en distingue trois familles. La mousse adhésive se pose en quelques minutes mais dure peu, deux ans ou moins. Les joints en résine durcissable tiennent plus longtemps et sont plus efficaces. Les joints à lèvre métallique sont très efficaces mais demandent un vrai savoir-faire. Le choix selon la largeur de l’interstice est détaillé dans notre comparatif des types de joints.
Entre la vitre et le châssis. Sur les fenêtres en bois à simple vitrage, le mastic sèche et se fissure. Ressources naturelles Canada préconise de retirer l’ancien et de poser un mastic de vitrerie, qui reste plus longtemps malléable, puis de le peindre en débordant à peine sur la vitre.
Dans quel ordre ? D’abord l’intérieur. Le guide canadien insiste : calfeutrer l’extérieur en premier risque d’emprisonner de l’air chaud et humide dans le mur.
Ajouter une seconde paroi
Une vitre simple perd de 10 à 20 fois plus de chaleur qu’un mur bien isolé de même surface, selon Ressources naturelles Canada, et l’ajout d’une contre-fenêtre peut réduire de près de moitié les pertes attribuables à la fenêtre. Deux systèmes se posent sans travaux côté intérieur : la pellicule thermorétractable, fixée au ruban adhésif et tendue au sèche-cheveux, et la feuille d’acrylique rigide maintenue par un joint magnétique. La première est bon marché mais condamne la fenêtre pour l’hiver ; nous lui consacrons un article, le film isolant est-il efficace. La seconde coûte plus cher et dure plusieurs saisons.
Une règle vaut pour les deux : la fenêtre d’origine et la contre-fenêtre intérieure doivent être bien étanches entre elles, faute de quoi l’air humide de la pièce vient se condenser dans l’espace intermédiaire.
Les cas particuliers
- Une fenêtre qui ne s’ouvre jamais, et qui ne sert ni à aérer ni d’issue de secours, se calfeutre plutôt que de recevoir un coupe-bise. Un produit facile à retirer laisse la porte ouverte à un changement d’avis.
- Un double vitrage avec de la buée entre les deux verres a perdu son scellement. Le Québec suggère de remplacer seulement le vitrage, moins cher que la fenêtre entière.
- Le coffre de volet roulant posé au-dessus de la fenêtre est souvent une fuite à lui seul : voir isoler un coffre de volet roulant.
Ne pas boucher les entrées d’air
Les grilles d’entrée d’air placées dans le dormant ou l’ouvrant font partie de la ventilation du logement. L’ADEME demande de ne jamais les supprimer : on calfeutre les fuites parasites, pas l’aération prévue. Une fenêtre rendue très étanche dans un logement sans ventilation, c’est la porte ouverte à la condensation et aux moisissures.
Sources
- Gouvernement du Québec, Améliorer la performance énergétique des portes et des fenêtres (mise à jour du 17 décembre 2025)
- Ressources naturelles Canada, Emprisonnons la chaleur, section 8 : fenêtres et portes extérieures (guide de rénovation)
- ADEME, Isoler son logement du bruit (guide, décembre 2019, PDF)
- ADEME, Comment passer un hiver tout confort ? (guide Clés pour agir, décembre 2025, PDF)