
Une prise connectée coupe et rallume un appareil selon un horaire, à distance ou selon une condition. Elle n’économise rien par elle-même : elle supprime des heures de fonctionnement ou de veille. Avant de l’installer, il faut donc se demander combien d’heures elle va supprimer, et ce qu’elle consomme elle-même.
Le calcul à faire d’abord
Une prise connectée reste alimentée en permanence. TP-Link indique jusqu’à 1,64 W pour sa Tapo P110 quand elle alimente l’appareil. Sur une année, 1,64 W représentent environ 14 kWh, soit un peu plus de 3,5 € au prix retenu par l’ADEME (0,2516 € le kWh). L’ADEME estime justement à 3 à 4 € par an la veille d’une machine à expresso jamais débranchée. Pour un appareil de ce genre, la prise connectée coûte à peu près ce qu’elle économise.
La règle : une prise connectée vaut la peine derrière un appareil ou un groupe d’appareils qui consomme nettement plus que la prise elle-même pendant les heures où elle le coupe.
Les bons candidats
Le déshumidificateur. L’ADEME cite un foyer où un déshumidificateur tournant toute l’année dans une cave représentait 43 % de la consommation du logement. Le programmer sur certaines heures, ou le piloter selon un capteur d’humidité, peut diviser sa durée de fonctionnement.
Le coin télé ou bureau. Téléviseur, décodeur, barre de son, console, écran, imprimante : branchés sur une multiprise, elle-même derrière une prise connectée coupée la nuit, ils cessent tous leurs veilles d’un coup. L’ADEME note que les consoles de jeux récentes consomment 91 % de leur énergie en veille ou à l’arrêt.
La box, la nuit, si elle ne sert pas. L’agence estime l’économie à jusqu’à 30 € par an en l’éteignant quand on ne s’en sert pas. Attention si elle porte le téléphone fixe ou une alarme.
Les chargeurs et petits équipements à heures fixes : batterie de vélo électrique, outillage, éclairage d’aquarium, plutôt que de rester branchés sans fin.
Un radiateur d’appoint, s’il est vraiment indispensable, pour qu’il ne tourne que quand la pièce est occupée. Vérifiez sa puissance contre la limite de la prise, et rappelez-vous que l’ADEME déconseille ces appareils, peu performants.
Les appareils à exclure
- Réfrigérateur et congélateur : ils doivent rester alimentés.
- Les appareils trop puissants pour la prise. La Tapo P110 accepte 16 A et 3 680 W ; l’Eve Energy, en version européenne, 11 A et 2 500 W, et son logiciel coupe le relais au-delà de 11 A. Un appareil de chauffage puissant ou un four peuvent dépasser ces valeurs.
- Les lampes à incandescence nombreuses : Eve limite la charge à 240 W pour ce type d’éclairage.
- Les appareils qui ne redémarrent pas seuls. Beaucoup de lave-linge électroniques, coupés puis rallumés, restent éteints au lieu de lancer son programme : la prise ne sert alors pas à le démarrer en heures creuses.
- Ce qui doit rester joignable : box portant le téléphone, centrale d’alarme, appareils médicaux.
Programmer ou mesurer
La plupart des prises connectées mesurent aussi la consommation de l’appareil branché. Mesurer une semaine avant de programmer permet de choisir les plages horaires sur des chiffres ; la démarche est détaillée dans notre article pour surveiller sa consommation avec une prise connectée. Pour choisir le modèle, voir les critères de choix d’une prise connectée, et pour couper automatiquement un groupe d’appareils, éteindre automatiquement les appareils inutilisés.
Sources
- TP-Link, Tapo P110, caractéristiques (fiche fabricant)
- Eve Systems, Eve Energy, caractéristiques techniques (fiche fabricant)
- ADEME, Comment réduire sa facture d’électricité ? (guide Clés pour agir, décembre 2024, PDF)