Consommation en veille : la mesurer avec un wattmètre sans se tromper

Consommation en veille : la mesurer avec un wattmètre sans se tromper
Crédit : piogu.com

Une veille consomme peu, mais tout le temps. L’ADEME estime que les veilles peuvent représenter jusqu’à 15 % de la facture d’électricité hors chauffage et eau chaude, soit plus de 100 € par an. Les exemples de son guide de 2024 donnent la mesure : une machine à expresso jamais débranchée coûte 3 à 4 € par an en veille cachée, une box internet consomme 92 kWh par an, et pour les consoles de jeux récentes, 91 % de l’énergie consommée au cours de leur vie l’est en veille ou à l’arrêt, pas en jeu.

Ce que la loi autorise

Depuis le 9 mai 2025, le règlement européen 2023/826 encadre la consommation des appareils ménagers et de bureau vendus dans l’Union :

ModeLimite
Arrêt0,50 W, puis 0,30 W à partir du 9 mai 2027
Veille, simple fonction de réactivation0,50 W
Veille avec affichage (horloge, voyant d’état)0,80 W
Veille réseau, appareils courants2,00 W
Veille réseau, appareils à haute disponibilité (box, routeurs)8,00 W, puis 7,00 W en 2027

Le texte impose aussi, pour la plupart des appareils, un passage automatique en veille au bout de 20 minutes au plus. Ces limites ne concernent que les appareils récents ; un vieux téléviseur, un ampli ou un adaptateur secteur bon marché peuvent consommer bien davantage, et c’est précisément ce que la mesure permet de découvrir.

Le piège des petites puissances

Un wattmètre de prise mesure mal les très faibles puissances. La notice du Voltcraft Energy Logger 4000, un modèle sérieux, annonce ±1 % au-dessus de 5 W, ±5 % entre 2 et 5 W, et ±15 % sous 2 W. Un affichage de 1,0 W peut donc signifier 0,85 comme 1,15 W.

Trois façons de contourner le problème :

  • Mesurer de l’énergie, pas de la puissance. Laissez l’appareil en veille 24 heures, ou une semaine, et lisez les kWh cumulés. Divisez par le nombre d’heures : vous obtenez la puissance moyenne, avec une bien meilleure fiabilité.
  • Mesurer un groupe. Branchez tout le coin télé ou bureau sur une multiprise, et la multiprise sur le wattmètre. La somme dépasse souvent les 5 W, là où la mesure redevient précise. Débranchez ensuite les appareils un par un pour répartir.
  • Vérifier le zéro. Branchez le wattmètre seul, sans rien derrière : s’il affiche autre chose que zéro, notez ce décalage.

Attention à la prise connectée

Une prise connectée qui mesure la consommation est pratique, mais elle consomme elle-même. TP-Link indique jusqu’à 1,64 W pour sa Tapo P110 relais fermé, c’est-à-dire quand elle alimente l’appareil. Brancher une telle prise derrière un appareil dont la veille fait 0,5 W pour la couper la nuit revient à ajouter plus de consommation qu’on n’en supprime. Pour couper des veilles, l’ADEME conseille plus simplement une multiprise à interrupteur ou une prise programmable mécanique.

Que faire des résultats ?

Classez les appareils par consommation annuelle de veille : puissance moyenne × 8 760 heures ÷ 1 000 donne des kWh par an. Les solutions pour réduire les postes les plus lourds sont dans notre article sur la réduction des consommations en veille, et l’automatisation des coupures dans éteindre automatiquement les appareils inutilisés. La méthode générale de mesure est détaillée dans mesurer la consommation réelle d’un appareil.

Sources

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