
La puissance inscrite sous un appareil ne dit pas ce qu’il consomme. Elle indique un maximum, celui que l’appareil peut appeler au pire moment. Un réfrigérateur dont le compresseur s’arrête la moitié du temps, un lave-linge qui ne chauffe l’eau que quelques minutes, un téléviseur dont la consommation varie avec l’image : pour tous, la seule façon de savoir est de mesurer.
Ce qu’on cherche : des kilowattheures
Votre facture compte des kilowattheures (kWh), pas des watts. Le passage de l’un à l’autre est simple : puissance en watts × durée en heures ÷ 1 000. Un appareil qui tire 100 W pendant 5 heures consomme 0,5 kWh. Multipliez ensuite par le prix du kWh qui figure sur votre facture. Pour ses exemples, l’ADEME retient 0,2516 € le kWh, le tarif réglementé de base au 1er septembre 2024 ; votre contrat peut être différent.
Pour un appareil dont la puissance varie, il faut donc mesurer l’énergie sur une période, pas la puissance à un instant.
Méthode 1 : le wattmètre
C’est l’outil le plus direct, et l’ADEME le cite parmi les petits outils utiles pour mesurer la consommation d’un appareil à un moment précis. Il se branche entre la prise murale et l’appareil, affiche la puissance instantanée et totalise les kWh.
Quelques règles pour une mesure utile :
- Couvrir un cycle complet. Un lave-linge se mesure sur un programme entier, un lave-vaisselle aussi. Un réfrigérateur ou un congélateur se mesure sur au moins 24 heures, idéalement plusieurs jours, portes ouvertes normalement.
- Lire les kWh, pas les watts. Le chiffre en watts bouge sans cesse ; le compteur d’énergie, lui, fait la moyenne.
- Se méfier des très faibles puissances. La notice du Voltcraft Energy Logger 4000 donne une précision de ±1 % au-dessus de 5 W, mais de ±15 % sous 2 W. Pour une veille, mieux vaut accumuler de l’énergie sur une longue durée que lire la puissance.
- Watts et voltampères. Certains wattmètres affichent aussi la puissance apparente, en VA. Le même mode d’emploi rappelle que le fournisseur ne facture que la puissance active, en watts.
Le choix de l’appareil est détaillé dans notre comparatif des wattmètres. La mesure des veilles a ses propres pièges, abordés dans wattmètre et consommation en veille.
Méthode 2 : le compteur Linky
Le compteur affiche la puissance appelée par tout le logement. En coupant un maximum d’appareils, puis en allumant celui qui vous intéresse, la différence donne une idée de sa puissance. La méthode est grossière, car le réfrigérateur ou la box continuent de tourner, mais elle convient aux gros appareils : four, plaque, chauffe-eau, radiateur.
L’espace client Enedis montre par défaut la consommation par jour, par mois et par an, selon l’Institut national de la consommation. Si vous autorisez l’enregistrement de la courbe de charge, vous obtenez une mesure toutes les 30 minutes. Un appareil puissant qui fonctionne à heure fixe, comme un chauffe-eau en heures creuses, se repère alors très bien.
Méthode 3 : la fiche du fabricant
L’étiquette énergie des appareils de froid, de lavage et des téléviseurs indique une consommation de référence, par an, pour 100 cycles ou pour 1 000 heures selon l’appareil, mesurée selon une norme. C’est une référence utile pour comparer avec votre mesure. Un écart important, à usage comparable, est un signe à creuser : joint de porte usé, givre, appareil en fin de vie. C’est l’objet de notre article pour repérer les appareils qui consomment le plus.
Un exemple de calcul
Un congélateur mesuré pendant sept jours affiche 5,6 kWh. Cela fait 0,8 kWh par jour, soit environ 292 kWh par an. Au prix de l’ADEME, 292 × 0,2516 ≈ 73 €. Pour comparaison, l’ADEME donne une consommation moyenne de 296 kWh par an pour un congélateur de 180 litres, d’après son panel de foyers.
Sources
- ADEME, Comment réduire sa facture d’électricité ? (guide Clés pour agir, décembre 2024, PDF)
- Voltcraft, Energy Logger 4000, mode d’emploi (notice du fabricant, PDF)
- Institut national de la consommation, Compteur Linky et données personnelles (fiche pratique)