
Pour un logement, une caméra thermique n’a pas besoin de mesurer 400 °C ni de filmer à haute cadence. Elle doit faire ressortir des écarts de quelques degrés sur un mur, nettement, et permettre de comparer les images entre elles. C’est sur ces points qu’il faut juger les fiches techniques. Nous n’avons pas testé les modèles cités : leurs caractéristiques viennent des fabricants.
La résolution du capteur
C’est le critère principal. Elle s’exprime en pixels infrarouges, à ne pas confondre avec la résolution de l’appareil photo visible souvent associé. Deux exemples chez Teledyne FLIR, dans la même gamme pour smartphone : la FLIR ONE Edge a un capteur de 80 × 60, soit 4 800 points ; la ONE Edge Pro, de 160 × 120, soit 19 200 points, quatre fois plus. La Bosch GTC 400 C, caméra autonome pour artisans, a aussi 160 × 120 pixels.
Avec peu de pixels, chaque point couvre une grande surface et les petits défauts, un joint de fenêtre, un angle de plafond, se fondent dans leur environnement. On compense en s’approchant, ce qui oblige à multiplier les images.
La sensibilité thermique
Notée NETD et exprimée en millikelvins (mK), elle indique le plus petit écart de température que la caméra distingue. FLIR annonce 70 mK pour ses deux modèles ONE Edge. Plus la valeur est basse, plus l’image est nuancée. Pour un bâtiment, où les écarts sont faibles, c’est un critère presque aussi important que la résolution.
La précision : moins importante qu’il n’y paraît
Bosch annonce une précision de ±3 °C pour la GTC 400 C, et la fiche FLIR précise que la précision des ONE Edge n’est garantie que dans certaines conditions de température. Pour un diagnostic de logement, ce n’est pas un problème : on cherche des différences entre zones voisines, pas une valeur absolue. Ce sont la sensibilité et la résolution qui font la qualité de l’image.
Les fonctions qui servent vraiment
- Le blocage de l’échelle de couleurs. Bosch le souligne : c’est ce qui permet de comparer plusieurs fenêtres ou plusieurs murs, et d’écarter une source de chaleur gênante. Sans lui, la caméra recalcule ses couleurs à chaque image.
- Le réglage de l’émissivité, pour adapter la mesure au matériau visé.
- La superposition avec l’image visible, qui aide à situer un défaut sur la photo.
- Le champ de vision. Un angle large, 53° × 43° pour la GTC 400 C, permet de saisir un pan de mur entier depuis le milieu d’une pièce.
- L’export des images avec leurs données, pour les comparer avant et après des travaux.
Pour smartphone ou autonome ?
Les modules qui se branchent sur un téléphone, comme les FLIR ONE Edge, utilisent son écran et son application. La version Edge communique sans fil, jusqu’à 5 m du téléphone, avec une autonomie de 2 h 30 selon la fiche. Une caméra autonome est plus robuste et plus rapide à manier sur un chantier. Pour un particulier qui inspecte sa maison une fois par hiver, le module pour smartphone suffit souvent.
Acheter, louer ou emprunter ?
Une thermographie de logement se fait en une soirée d’hiver ou deux. Avant d’acheter, renseignez-vous sur la location, ou sur un éventuel prêt par une association ou une collectivité près de chez vous. Pour savoir comment bien utiliser l’appareil, conditions météo comprises, voir notre article sur la caméra thermique et les déperditions. Et si l’achat paraît disproportionné, le thermomètre infrarouge couvre une partie des besoins.
Sources
- Teledyne FLIR, FLIR ONE Edge et ONE Edge Pro, fiche technique (PDF, copie d’un distributeur)
- Bosch Professional, GTC 400 C Professional, caractéristiques (fiche fabricant)
- Bosch Professional, Installation de fenêtres, instruments de mesure de température (PDF du fabricant)
- Bosch Professional, Campus thermographie (guide du fabricant)