
Une maison n’a pas une température, elle en a autant que de pièces. Le thermostat du séjour affiche 19 °C, la chambre du fond plafonne à 16 °C, la salle de bain monte à 22 °C quand le sèche-serviettes tourne. Mesurer ces écarts permet de régler le chauffage pièce par pièce, et de trouver celles qui perdent leur chaleur.
Les repères
L’ADEME situe la température moyenne idéale d’un logement à 19 °C, et rappelle que baisser le chauffage de 1 °C réduit d’environ 7 % la consommation de chauffage. Le code de l’énergie fixe d’ailleurs une limite supérieure moyenne de 19 °C pour l’ensemble des pièces d’un logement, et la ramène à 16 °C en cas d’inoccupation de 24 à 48 heures, puis à 8 °C au-delà, selon le ministère de la Transition écologique.
Le guide hivernal de l’ADEME ajoute un repère pour l’humidité : le confort se situe entre 40 et 60 % d’humidité relative. Une pièce froide est souvent aussi une pièce humide.
Le matériel
L’ADEME recommande des thermomètres pour juger à tout moment si la température est adéquate dans chaque pièce. Des thermo-hygromètres, qui mesurent aussi l’humidité, font mieux encore. Les modèles connectés enregistrent les valeurs jour et nuit et facilitent les comparaisons ; notre sélection de capteurs de température et d’humidité compare ce qui existe.
Étalonner avant de comparer
Deux thermomètres du même modèle affichent rarement la même valeur. Avant de les répartir, posez-les tous côte à côte, au même endroit, pendant quelques heures. Notez l’écart de chacun par rapport à la moyenne : c’est la correction à appliquer à ses relevés. Sans cette étape, un écart d’un degré entre deux pièces peut ne venir que des appareils.
Bien placer les capteurs
- sur un mur intérieur, pas sur un mur donnant dehors ;
- à hauteur de personne assise ou debout, ni au sol ni au plafond ;
- loin des radiateurs, du soleil direct, des lampes, du réfrigérateur ou d’un écran ;
- hors des courants d’air d’une porte ou d’une bouche de ventilation.
Quoi relever
Une mesure isolée ne dit pas grand-chose. Relevez aux mêmes heures pendant une semaine au moins, matin, après-midi et soir, en notant la température extérieure. Avec des capteurs enregistreurs, regardez surtout deux choses : la vitesse à laquelle chaque pièce se refroidit quand le chauffage baisse la nuit, et le temps qu’elle met à remonter.
Interpréter les écarts
Une pièce plus froide que les autres : radiateur mal équilibré ou à purger, robinet thermostatique réglé bas, fuites d’air, mur ou plancher donnant sur un local non chauffé.
Une pièce qui se refroidit vite : peu d’inertie, fuites d’air, grandes surfaces vitrées.
Une pièce trop chaude : apports solaires, appareils, ou chauffage réglé trop haut. C’est la plus facile à corriger.
Une pièce fraîche et humide : ventilation insuffisante ou paroi froide. L’ADEME conseille d’aérer dix minutes par jour, même en hiver, et de vérifier les bouches d’aération si l’humidité persiste.
Air chaud, murs froids
La température de l’air n’est pas tout. L’ADEME prévient qu’avec un thermostat à 19 °C, le ressenti peut tomber à 16,5 °C quand les murs sont froids, l’humidité forte ou l’air en mouvement. Pour le vérifier, un thermomètre infrarouge pointé sur les murs complète les relevés : une paroi nettement plus froide que l’air de la pièce explique un inconfort que le thermostat ne voit pas.
Une fois les écarts connus, la programmation du chauffage pièce par pièce devient beaucoup plus précise, et les pièces peu utilisées peuvent être chauffées moins.
Sources
- ADEME, Comment passer un hiver tout confort ? (guide Clés pour agir, décembre 2025, PDF)
- ADEME, Comment réduire sa facture d’électricité ? (guide Clés pour agir, décembre 2024, PDF)
- Ministère de la Transition écologique, Le chauffage dans les bâtiments (articles R241-26 et suivants du code de l’énergie)